HISTOIRE

- Préhistoire
- Colonisation
- Restauration
- Indépendance

 

ECONOMIE

- Banane
- Tourisme

SOCIETE

- Population
- Religion
- Superstitions
- Culture
- Caste
- Ethnies
- Femmes
- Homme
- Métros
- Famille
- Habitat

- Créole
- Carnaval
- Fêtes
- Mort
- Folklore
- Musique

PREHISTOIRE

La préhistoire guadeloupéenne est surtout caractérisée par l'émergence d'une population amérindienne, quelques siècles avant et après JC. On commence à mieux connaître les Arawaks, qui, comme en Martinique, occupèrent le terrain durant les premiers siècles de notre ère, avant de se faire manger  au sens littéral du terme par les Caraïbes. Ceux ci allaient vite s'entre déchirer, imposant leur violence et leur barbarie.

"Terre, terre !", s'écria le pilote du vaisseau amiral Marie Galante. L'histoire de la Guadeloupe proprement dite débute ainsi... Le 3 novembre 1493, les Espagnols aperçurent une première île, puis une deuxième, qu'ils baptisèrent Marie-Galante, nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Cette opération de grande découverte, menée avec une indiscutable efficacité par Christophe Colomb, connut néanmoins quelques difficultés sur une troisième île, occupée par des cannibales appelés Caraïbes. Les Espagnols comprirent bien vite que l'intérêt que leur portaient les Caraïbes ne laissait aucun doute sur leur mode d'alimentation. L'île fut baptisée du nom de la Guadeloupe, à cause de sa ressemblance avec une province de l'Estrémadure. Son nom caraïbe est Karukéra, l'île aux belles eaux. Bien que les populations amérindiennes aient été rapidement décimées, leurs techniques de pêche en mer et en rivière font partie du patrimoine transmis de peuple en peuple. Elles perdurèrent au-delà du débarquement espagnol, d'autant plus que la Guadeloupe ne fut jamais vraiment occupée par les Espagnols.

COLONISATION  

L'Année 1635 marque un tournant. A partir de cette date les Européens colonisent la Guadeloupe, sous couvert de la vertueuse politique des compagnies à charte (la Compagnie de Saint Christophe, la Compagnie des Isles d'Amérique et la Compagnie des Indes occidentales). C'est le grand chambardement dans les ports des côtes normandes, bretonnes et charentaises: une petite paysannerie blanche se présente à l'embarquement pour aller jouer les colons de l'autre côté de l'Atlantique.

Ils accostent au nord de la région de Pointe Allègre, dans la partie sud de la Capesterre, le long de la côte sous le vent. L'absence d'infrastructure a poussé les colons à cultiver le cotonnier, l'indigotier pour la vente en France, et surtout le tabac, dont la culture prospéra jusque vers 1650, laissant ensuite les propriétaires dans une situation délicate.

L'installation des moulins à sucre par les Hollandais, expulsés du Brésil par les Portugais, sera le principal facteur d'explosion économique, grâce à la forte demande et à la rareté de ce produit en France. Pour assurer la capacité de production, on fera appel à une main d'oeuvre africaine noire réduite en esclavage. Leurs anciens terrains de manoeuvre sont intégrés au paysage, sur les bas plateaux fertiles de Grande Terre, ainsi qu'à Marie Galante et sur le pourtour de la Guadeloupe, principalement sur la côte au vent.

Les colons sont convaincus que le système esclavagiste garantit une meilleure rentabilité que le travail rétribué des hommes libres. 1674 est l'année d'attribution des terres, les meilleures d'entre elles étant concédées aux maîtres de "cases sucrières", pour reprendre une expression de l'époque. L'habitation sucrière de la Guadeloupe s'est ainsi concrétisée par une centaine de sucreries, regroupées sur la Capesterre et au sud de la côte sous le vent, entre le Galion et la Rivière de Baillif. La variété des sols favorise la culture du coton dans les régions les plus sèches de l'archipel (la côte sous le vent, l'est de la Grande Terre, Marie Galante, la Désirade) alors que les Grands Fonds profitent de la vogue du café, entre 1765 et 1785, ainsi que de celle du cacao.

Au milieu du XVIII° siècle, le développement de la colonisation de la Guadeloupe se fait à un rythme assez lent, même si elle connaît une accélération après 1700. La main-d'oeuvre ne suffit plus à répondre aux besoins do lit production. les esclaves n'arrivant pas on assez grand nombre. C'est à cette époque que la Guadeloupe accuse lois commissionnaires de Saint Pierre de faire transiter tout le commerce et l'approvisionnement sur l'île voisine.

Plus tard, profitant de la sollicitude anglaise, la Guadeloupe se voit libérée de la tutelle de Saint Pierre et le nombre de sucreries augmente d'une centaine. Pointe à Pitre et son port naissent à ce moment là. Il est clair que, souffrant d'une certaine tutelle administrative qui avait été maintenue après 1763 et qui le restera   jusqu'à la fin du statut colonial, la Guadeloupe n'a pas obtenu les résultats attendus. En 1790, elle ne compte, avec ses proches dépendances, que 367 sucreries contre 451 pour l'île soeur. Il faut rappeler de surcroît que, de 1789 à 1802, la Révolution qui gronde en France va influer sur l'efficacité économique et sociale de la Guadeloupe. Les petits Blancs, artisans et employés de Basse-Terre, s'opposent aux royalistes. Cela commence par quelques frictions, mais on ne décapite pas encore les aristocrates. Il faudra attendre 1793 pour que l'affrontement soit effectif et que le sang des planteurs soit versé. Emboîtant le pas aux républicains métropolitains, l'île adopte la nouvelle organisation et s'érige en département en 1793.

Très vite, les Anglais comprennent le danger et en même temps le parti à tirer d'une annexion possible de l'île. Cette fois, le gouvernement montagnard de Paris, qui fait voter l'abolition de l'esclavage en février 1794, envoie une expédition sous le commandement de Victor Hugues. La même année, les têtes des planteurs qui n'ont pas, comme certains, réussi à s'échapper vers la Louisiane ou Trinidad tombent. Victor Hugues s'attelle ensuite à une autre tâche, celle de maintenir les habitations en activité afin d'éviter que la production de sucre, de café et de coton ne s'effondre. Il rétablit donc le travail forcé des Noirs libérés, substituant ainsi à un oppresseur privé (les maîtres planteurs), un oppresseur public, l'Étal français. Dès lors, les lignes régulières de navigation avec la France connaissent des difficultés croissantes, et la Guadeloupe devient la base des corsaires et des pirates dans les Caraïbes. Il faut attendre 1801 pour que les planteurs émigrés reprennent possession de leurs domaines.

Un arrêté de Bonaparte, en 1802, rétablit l'esclavage, ce qui ne se fait pas sans résistance comme en témoigne le sacrifice de Louis Delgrès et de ses soldats noirs promis de nouveau à l'esclavage. La présence des Anglais de 1810 à 1814, puis de 1815 à 1816 à l'appel des planteurs, renforce la réaction. 

RESTAURATION

Elle commence en 1802. Quelques planteurs rompent leurs liens avec les habitations qu'accaparent les nouveaux venus de France. Jusqu'en 1815, la situation économique est très mauvaise. Les Anglais ayant interdit la traite des Noirs en 1807, le congrès de Vienne l'ayant prohibée en 1815, on fait clandestinement venir des esclaves africains. En 1824, les abolitionnistes se manifestent à Paris. Sous la monarchie de Juillet, on accorde des droits de citoyen aux hommes de couleur. Il faudra la révolution de Février (1848) et l'avènement de la 111 République pour que l'abolition de l'esclavage soit signée et que l'on accorde aux colonies les mêmes droits politiques qu'aux départements de France métropolitaine.

Schoelcher devient un héros en Guadeloupe, et on commence à voir les esclaves libérés sortir de leurs cases pour investir le bord des routes, installer des "squats" dans les Grands Fonds de la Grande Terre, dans les bourgs, à Basse-Terre ou à Pointe à Pitre. L' habitat se disperse le long des chemins. La production sucrière connaît une régression de 1848 à 1851, les planteurs hésitant sur l'attitude à adopter. La réponse à leurs interrogations viendra avec les contrats de travail accordés à une nouvelle main d'oeuvre, notamment indienne et indonésienne. Avec l'introduction des techniques industrielles de fabrication du sucre, des problèmes financiers apparaissent, provoquant la faillite de certains planteurs. Les sucreries Père Labat disparaissent. L' Economie locale se concentre sur les cultures de la canne à sucre, du café et du cacao, commercial i sables en France. Il faut attendre la Ille République pour que la démocratie politique s'instaure. 1884 voit naître la loi sur les municipalités, et l'application des lois scolaires de Jules Ferry, Les Antillais participeront activement à la Première Guerre mondiale. La France encourage et remercie, tissant de puissants liens avec sa vieille colonie. Cependant, l'équilibre est fragile; les cyclones ‑ comme celui de 1928 ‑ sont particulièrement violents.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le blocus de la flotte anglo‑américaine isole temporairement l'île de la France, ce qui n'empêchera pas la participation de nombreux Guadeloupéens au mouvement de la France libre. La loi du 19 mars 1946 viendra ensuite proclamer la Guadeloupe département de la République française.

INDÉPENDANCE ET INDÉPENDANTISTES

Après plusieurs années de présence et d'actes militants dans les années 1980  le mouvement indépendantiste semble être en perte de vitesse. Pourtant, l'indépendance n'est pas un mythe. Elle plaide pour une identité qui, par‑delà les clivages et les origines diverses, pourrait qualifier un peuple antillais. Cette option pourtant ne fait pas l'unanimité chez les Antillais. En août 1980, le Groupe de libération armée (GLA) lance un ultimatum aux Français pour le 31 décembre. En 1983, trois explosions surviennent dans les trois départements d'outre‑mer. Au mois de novembre de cette même année, la radio FICI, tour Cedid, est détruite par une bombe. Une autre bombe fait 23 blessés à la préfecture de Basse‑Terre. L'attentat à l'hôtel Méridien de Saint‑François et d'autres explosions en 1984 s'y ajouteront. La situation devient difficile. Pourtant, de nombreux Guadeloupéens ont sur ces épisodes le même commentaire que les Corses: les indépendantistes peuvent faire beaucoup de bruit en étant très peu nombreux, mais ils ne représentent pas l'ensemble de la population de l'île.

Port‑Louis et l'Anse‑Bertrand ont certes élu des maires indépendantistes, mais les Blancs considèrent ces 2 communes comme étant des laboratoires d'essai, dans une Guadeloupe dont la réflexion collective est plutôt axée sur l'avenir professionnel de ses enfants. Le tourisme a, dans ce contexte, un rôle important à jouer puisqu'il contribue à modifier l'organisation de l'île, et qu'il favorise une plus grande ouverture. Mais la concentration des Européens en un seul lieu pourrait induire un effet négatif, en créant une cloison étanche entre Antillais et touristes. La communication est bien une clé importante du comportement du visiteur, comme de ceux qui l'accueillent, et son devenir dictera, l'avenir des échanges touristiques des prochaines années dans un monde de vive concurrence. Les îles, le sable fin et les cocotiers se rencontrent ailleurs, sous des latitudes voisines, et les tour‑opérators sont aujourd'hui capables de proposer une gamme de produits étendus à des prix voisins aux Maldives, en Indonésie ou encore au Sénégal.

La Guadeloupe connaît une montée en puissance du mouvement indépendantiste depuis quelques années, mais la vague de violence connue dans les années 1980 s'est peu à peu apaisée. Le Kombat de libération nationale de la Guadeloupe

(KLNG) est le parti représentatif de cette tendance. Vous remarquerez certainement lors de votre séjour sur l'île son sigle gravé un peu partout sur les murs. Cependant, à la différence des Martiniquais, les Guadeloupéens n'ont pas plébiscité le mouvement indépendantiste aux élections de 1998. Qui plus est, Lucette Michaux‑Chevry, la présidente reconduite dans son mandat oeuvre beaucoup pour son pays. Son amitié avec le président Jacques Chirac l'aide certainement dans ses démarches pour le développement économique de la Guadeloupe.

Avec 30 % de chômeurs sinon plus, la Guadeloupe voit ses tensions sociales s'aggraver. Le destin futur de 1 ile, après la visite peu convaincante de Lionel Jospin dans les Antilles françaises du 27 au 30 octobre 1999, M. Lionel Jospin y fut froidement accueilli. est perçu avec une égale angoisse, même si leur vision diffère, par indépendantistes et "békés". La "dame de fer" de la Guadeloupe s'appelle Lucette Michaux‑Chevry. Ses ennuis avec le Tribunal correctionnel de Paris n'ont pas agité que les prétoires. Cette femme de pouvoir a compris qu'il y avait des talents parmi les nationalistes et qu'elle pouvait les utiliser. Misant sur le consensus, elle a réussi à séduire quelques‑uns et à constituer avec eux son groupe majoritaire "Objectif Guadeloupe".

Le l el décembre 1999, Lucette Michaux‑Chevry, Présidente du Conseil Régional de la Guadeloupe, Alfred Marie‑Jeanne, Président du Conseil Régional de la Martinique et Antoine Karam, Président du Conseil Régional de la Guyane, signent à Basse‑Terre, chef‑lieu du département de la Guadeloupe, La "Déclaration de BasseTerre". Ils proposeront au Président de la République et au Gouvernement, une modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un statut nouveau de Région d'outremer autonome doté d'un régime fiscal et social spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de la République Française et de l'Union Européenne (article 299‑2 du Traité d'Amsterdam).

Le 18 janvier 2000 : Les conseillers régionaux réunis en séance plénière approuvent la "Déclaration de BasseTerre" par 27 voix pour et 10 voix contre et décident par une délibération d'unir leurs efforts afin de bâtir un projet de développement économique, social et culturel impliquant la prise en compte des identités propre à chaque Région et basé sur l'évidence que "la dignité procède du travail et non de l'assistanat".

 

ECONOMIE

Aux Antilles, on consomme mais on ne produit pas ou peu. Uindustrie touristique Supplante et aide l'agriculture en permettant la vente du rhum et des fruits (bananes, ananas). Le tertiaire, avec les administrations et les petites et moyennes entreprises de service, assure 50 % des emplois. Uartisanat n'occupe pas la place qu'il mérite et parfois (c'est d'ailleurs un grand sujet de discorde) les allocations versées par l'Étel n'incitent pas la population à prendre des initiatives. Si la canne à sucre et la banane constituent les principales ressources de l'économie locale (la banane représente 60 % des exportations guadeloupéennes), quelques productions se développent grâce à l'agriculture locale, en particulier le manioc et le melon. L'industrie est surtout concentrée autour de Pointe‑à‑Pitre, notamment à Jarry, centre du bassin industrie. local. Le secteur tertiaire apparaît comme le plus dynamique, même si le premier groupe privé est agroalimentaire. Le tourisme occupe désormais une place de choix, avec une progression régulière du nombre de vacanciers: la Guadeloupe accueille aujourd'hui plus de 400000 touristes par an.

BANANE

La banane joue en Guadeloupe, comme en Martinique, un rôle essentiel dans l'économie locale. Après la disparition des usines à sucre, et les difficultés rencontrées par les autres secteurs agricoles, elle est un point d'ancrage Indispensable au maintien de l'activité et de l'emploi dans les campagnes. Elle fait perdurer, à travers les décennies, des pratiques et des traditions ancestrales et réserve une part très large aux emplois familiaux.

Si le bananier a fait de tout temps partie du paysage, ce n'est que récemment qu'il y a pris une importance économique, à partir du XXe siècle en fait. C'est au début du siècle qu'ont démarré, timidement, les expéditions vers la France métropolitaine: le pilier de l'économie restait le sucre et ses dérivés, notamment le rhum (80 % des exportations). Les exportations de bananes, produit de luxe, restent donc relativement anecdotiques jusqu'aux années 1950, malgré les progrès techniques comme les cales réfrigérées qui en facilitent l'acheminement. Mais après‑guerre, les consommateurs français prennent de plus en plus goût à la banane, qui apparaît alors comme une solution de remplacement à la culture sucrière traditionnelle, profondément touchée par les réformes sociales consécutives au passage de la Guadeloupe au statut de département français en 1946.

Les exploitations se multiplient, mais les échecs sont nombreux jusqu'à ce que le pouvoir politique prenne fait et cause pour la banane antillaise: en 1962, le Général de Gaulle impose des quotas sur le marché français de la banane et en réserve les 2 tiers à la Martinique et à la Guadeloupe. Cette manne fait rapidement de la banane le nouveau pilier de l'économie: elle représente aujourd'hui la quasi‑totalité de l'emploi rural. Plongés dans un univers de plus en plus concurrentiel, notamment depuis l'avènement du marché unique européen, les producteurs ont profité des aides communautaires pour moderniser leurs exploitations et compenser ainsi l'énorme handicap du coût de la main‑d'oeuvre face aux autres producteurs (Afrique et Amérique latine). Les exportations vers les autres pays (Italie, Grande‑Bretagne) demeurent cependant faibles. Autolimitant leur production pour rester dans les normes imposées par la Communauté européenne, les producteurs misent sur la qualité pour justifier leurs tarifs et espèrent que l'encadrement du marché de la banane par une organisation mondiale, l'OCMB, va permettre une hausse des cours qui rétablirait leurs profits.

TOURISME

Plusieurs dizaines de kilomètres de côtes proposent ici un soleil omniprésent, une mer chaude, des sites souvent enchanteurs, toujours dépaysants et surtout riches et variés. Dans la perspective de l'Europe de l'an 2000, le pays a décidé de tout miser sur le tourisme, qui représente pour lui la plus forte entrée de devises. La révolution récente du transport aérien ainsi que de son coût a incontestablement favorisé l'essor de toutes les ,ormes de tourisme dans les DOM en permettant à des effectifs de plus en plus importants de Métropolitains de venir y séjourner. La guerre des tarifs a rendu les Antilles définitivement proches. Les passagers des charters sont plutôt jeunes, souvent peu argentés: une nouvelle clientèle arrive sur 1 île Elle s'éloigne des hôtels de luxe pour venir profiter des denrées gratuites: soleil, mer et cocotiers, les mêmes pour tout le monde et pour toutes les bourses (sans grande indulgence, les autochtones ont baptisé ces nouveaux arrivants les "Blancs clochards" ou "Blancs gâchés").

C'est ainsi que se sont développées diverses formes d'hébergement, notamment les gîtes et même le camping. Cela n'empêche pas les beaux hôtels de continuer à croître, pour offrir leur confort et leur parfaite organisation à une clientèle ordinairement très affairée et qui veut surtout "buller" sans avoir à prendre de décision cruciale. Si tout est organisé au mieux, si même les excursions sont programmées, alors il n'y a plus qu'à laisser filer la semaine dans les meilleures conditions possibles. A l'opposé, il y a également ceux qui sont tentés par des grandes randonnées, des sports extrêmes et de l'aventure. Ceux là trouveront également chaussure à leur pied pour escalader ou dévaler, surfer ou danser sur les vagues. Une autre clientèle a fait ses preuves: les Américains du Nord organisent généralement leur séjour au moyen d'un forfait, car ils ne sont guère gênés par les prix élevés pratiqués sur les îles (le taux de change leur est assez favorable). La fréquentation des croisiéristes (une grande majorité d'Américains) a enregistré une nette diminution en 1999 (presque 20 % de moins). Quant aux Canadiens, ils désertent de plus en plus la Guadeloupe et préfèrent s'orienter vers les autres îles de la Caraïbe (la République Dominicaine par exemple). Le coût du transport aérien en provenance du Canada est relativement élevé, ce qui contribue à cette baisse de fréquentation. Quant à la clientèle d'affaires européenne, il faut bien reconnaître que ces temps de crise latente ne sont guère incitatifs et qu'elle est en nette diminution. Les touristes recherchent en majorité un produit balnéaire classique, alliant un climat chaud, des plages, un cadre exotique, la détente et une population accueillante. Plus de 80 % d'entre eux visitent la Guadeloupe pour leurs loisirs.

 

SOCIETE 

POPULATION

Noir c'est noir, mais aux Antilles, où cette couleur de peau est dominante et où certains considèrent qu'il est de bon ton d'épouser quelqu'un de plus clair, les nombreuses nuances et tonalités constituent une véritable mosaïque: Indiens, Blancs‑Matignon, Noire, Békés, Rastas et Blancs se mêlent dans l'histoire et la géographie guadeloupéenne. A côté des Noirs et des mulâtres, les coulis (coolies) ou hindous descendants d'Indiens d'Inde, arrivés en 1853 pour travailler la terre à la place des esclaves noirs affranchis ‑ et les Békés ‑ Blancs créoles qui descendent des premiers colons européens ‑ composent une population antillaise de 810000 habitants (Guadeloupe: 450000, dont 30000 habitants à Saint‑Martin, 16000 à Marie‑Galante, 3500 à Saint‑Barthélemy, 3000 aux Saintes et 1500 à la Désirade, et Martinique: 390000). Les Métropolitains (travaillant dans l'administration, le tourisme et l'industrie), les Chinois, les Libanais et les Syriens (principalement des commerçants), les Haïtiens, les Saint‑Luciens et les Dominicains (travaillant dans le domaine des services) représentent 5 % de la population.

Au Moule et à Saint‑François, vous croiserez ces Indiens originaires d'Inde, les "coolies", qui vinrent relayer les esclaves noirs dans leurs travaux. Faisant partie Intégrante de la population antillaise, ils en sont une composante aussi caractéristique qu'indispensable. C'est ainsi que le colombo, d'origine tamoul, est devenu le plat de la Guadeloupe, ce qui est important dans un pays où cuisine et alcool font si bon ménage. Sans oublier les temples de Mariammanan (le plus spectaculaire est celui de Changy, près de Capesterre), qui montrent bien que l'intégration s'est opérée dans un sens comme dans l'autre. Aux Grands‑Fonds du Moule ‑ Jabrun nord et Jabrun sud, 2 secteurs privilégiés du centre de l'île ‑ se trouvent les foyers des Blancs‑Matignon, ces descendants des premiers colons, souvent de souche aristocratique. Ligotés à leurs domaines malgré le départ des esclaves, ils sont restés si longtemps sur leurs positions que le dialogue, aujourd'hui encore, est pratiquement exclu. Ils vivent dans un monde clos qui ignore l'extérieur, mais sans avoir les mêmes moyens que par le passé, même si, çà et là, quelques brèches se font jour.

A l'inverse, les Békés, un petit cercle de grandes familles enclines à la discrétion, ont gardé leurs prérogatives en maintenant leur vigueur commerciale: ils sont à la tête de la plupart des rouages économiques et commerciaux. Un tour dans les rues commerçantes de Pointe‑à‑Pitre (Nozières, Frébault) vous permettra de constater que les Libanais et surtout les Syriens, dignes représentants de leurs ancêtres phéniciens, s'érigent en maîtres du tissu et du bijou. Plus loin, aux Saintes, la blondeur des "Locks'' est due à une origine indiscutablement celte. Les Saintois ont gardé les yeux clairs et les cheveux blonds de la Bretagne, patrie d'origine de leurs aïeux. Parfois, leur identité bretonne est très prononcée. Néanmoins, ils prennent conscience de leur appartenance à la Guadeloupe.

Les Marie‑Galantais connurent, eux, le métissage. Quant à la Désirade, elle demeure l'une des places les plus énigmatiques et les plus tragiques de l'archipel. Qualifiée autrefois de "terre de lépreux", elle scandalise encore aujourd'hui par le style de vie insolite qui, selon certains, y prédomine. Nul pourtant ne niera la richesse multiculturelle que des migrations des quatre coins de la planète ont apportée à cette terre d'asile. Les métissages y ont façonné une population plurielle qui, bon gré mal gré, a dû s'adapter, cohabiter et travailler de concert. 

RELIGION ET CROYANCES

La religion catholique est pratiquement omniprésente, ainsi qu'en témoignent les églises dans chaque commune, comme en métropole: les évangélisateurs ont bien fait leur travail. On compte également 2 cathédrales pour asseoir la puissance de l'Église de JeanPaul Il. Mais cela qui ne gêne en rien la pratique de cultes variés. La diversité est telle que l'on ne se limite pas au culte catholique, vaudou ou animiste: les sectes se taillent une belle audience, comme les témoins de Jéhovah, les adventistes du septième jour et bien d'autres encore. Les Hindous ont conservé leurs rites. En revanche, les musulmans n'ayant pas traversé l'Atlantique, les mosquées sont rares.

Les quimboiseurs ou "Gadé z'affaires" locaux sont concurrencés par les marabouts africains... La messe dominicale fait recette et donne l'occasion de sortir bijoux et beaux vêtements. Chaque enterrement rassemble toute la commune et, à la Toussaint, tous les cimetières sont illuminés. Toute fête religieuse fait l'objet d'une célébration. Pèlerinages et processions complètent cette palette mystique.

Superstitions

Vieilles comme la civilisation antillaise, elles sont également le reflet de l'histoire et des composantes diverses de la population. Haïti n'est pas loin, et les cultes vaudous ont trouvé ici un écho. Des guérisseurs, des diseurs de bonne aventure, des marabouts et pas mal de charlatans ont véhiculé un langage secret entre le prêche et l'incantation, entre le miracle et la magie noire. Une chose est certaine: le sujet est encore tabou. Les Antillais disent souvent qu'ils ne sont pas au courant ou écartent la question embarrassante en parlant d'histoire ancienne. On évoque ces vieux sorciers un peu givrés, les "quimboiseurs", qui persuadent et sont persuadés de la qualité de leurs fluides pour faire revenir l'être aimé ou guérir les panaris. Les "z'esprits", les "zombis", fameux morts‑vivants qui terrorisent les âmes sensibles dans les films de série B, sont également des compagnons usuels de la mythologie antillaise. On ne parlera pas des croyances propres aux coolies ou autres parties représentatives de la population antillaise, mais il est certain que les personnages et les superstitions se sont entremêlés au cour§ des siècles. Assurément, le sujet est encore d'actualité. Ces croyances multiples ont des répercussions au quotidien, induisant une philosophie du type "carpe diem", qui consiste à profiter de l'instant puisque le bonheur, éphémère par essence, peut être interrompu de mille façons. Ainsi, on craint le vent qui est parfois si violent; il est vrai que les phénomènes naturels ‑ cyclones, raz‑de‑marée et éruptions volcaniques contribuent à amplifier les superstitions liées à l'agitation inexplicable des éléments.

CULTURE

Ici les choses ne bougent qu'au rythme établi depuis toujours. On ne change pas les habitudes et les continentaux doivent se plier aux coutumes locales, ce qui est après tout bien naturel. En revanche, si quelqu'un veut faire un peu de ménage, contrôler, améliorer le service, il se heurte, non pas au corporatisme, mais quasiment à l'identité îlienne. On ne touche pas aux modes de fonctionnement courants, qu'ils soient bons ou mauvais, et celui qui s'attelle à une tâche de cette envergure plie généralement bagages très rapidement. Cela rappelle les histoires corses, pas si drôles, où les continentaux envoyés par la République sont invités courtoisement à partir. Et pourtant ces îles, on les aime tellement...

Castes

Les phénomènes de caste sont un peu moins sensibles en Guadeloupe qu'en Martinique. L'explication est avant tout historique: la Guadeloupe était sous influence française jusqu'à la Révolution, alors que la Martinique était sous domination anglaise. Lorsqu'après la Révolution tant de têtes tombèrent, dans un bruit retentissant jusqu'audelà de l'Atlantique, les Békés de Guadeloupe eurent à choisir entre se faire égorger ou fuir en Martinique. Uîle devint alors pratiquement autonome et la présence française fut beaucoup plus discrète dans les décennies suivantes. Aujourd'hui, l'île est bien sûr contrôlée par la "main blanche", mais les Békés sont peu nombreux et les "Métros" ont un peu plus de facilités qu'en Martinique, auprès de la population de 1 ile, pour monter et développer des affaires, sans pour autant appartenir à un cercle ou avoir le parrainage d'un Béké. Les mulâtres forment la petite bourgeoisie de 1 ile. Ils sont "à moitié blancs" et aussi "à moitié riches", et gèrent les petites industries.

Ethnies

Des générations de Blancs, de Noirs et de mulâtres se sont succédé depuis Christophe Colomb, créant autant de problèmes que de richesse ethnique. On trouve des Blancs de la première heure. Les Békés ‑ qui descendent des premiers planteurs ‑ se sentent parfois dans une situation inconfortable, face à l'émancipation et à l'émergence d'une véritable culture noire qui trouve aujourd'hui un écho dans le monde entier. Cependant, la plupart, Antillais avant d'être blancs ou noirs, ont su parfaitement prendre le virage de l'intégration et du développement. Les mulâtres représentent par essence la synthèse et le consensus et sont à même de gérer au mieux les contradictions de ce pays difficile. Les coolies, originaires d'Inde, vinrent servir de main‑d'oeuvre après l'abolition de l'esclavage. D'autres populations du même continent, ainsi que des Syriens et des Libanais, sont venues tout simplement exercer leurs talents commerciaux.

Femmes

On les dit, pour certaines, hautaines et agressives, alors qu'elles ne cherchent qu'un soupçon d'originalité pour exposer leurs particularités. Il y a là, à n'en pas douter, un contentieux lié au machisme dominant. Les Antillaises ont beaucoup de goût pour l'habillement et savent se mettre en valeur d'une façon toujours personnalisée. Les siècles passés ont encore une influence sur leur comportement mais les jeunes filles et femmes d'aujourd'hui ont plutôt le regard tourné vers l'avenir, sachant jouer de leurs atouts avec ambition et efficacité. Certaines sont d'ailleurs, nonobstant les préjugés et les traditions, parvenues à une véritable reconnaissance qui salue à la fois leur talent et leur indépendance: Maryse Condé, Marie‑José Alie, Tania Saint‑Val, Jocelyne Béroard, Mounia, Simone Schwartz‑Bart, pour ne citer qu'elles.

Hommes

Dans leur empressement à se montrer galants, voire collants à l'égard des femmes, les Antillais ne diffèrent guère des mâles de toutes les latitudes. Plus insistants quand ils sont jeunes et flambeurs, ils s'étiolent un peu avec l'âge et le mariage, ce qui ne les empêche pas de se montrer toujours aussi serviables et attentionnés. Vous ne resterez pas, mesdames, très longtemps en panne au bord de la route. Ce type de comportement n'est cependant proportionnellement guère plus courant qu'en métropole. Sachez cultiver son bon côté: avec de la gentillesse et un peu d'humour, tout se passe le mieux du monde.

Métros

Les rapports entre Métros et Noirs antillais ne sont pas vraiment conflictuels mais tiennent davantage de la tolérance que de l'affection. Dans les endroits "mélangés", les Antillais sont ensemble et les Métros dans leur coin; les interférences sont rares, les dialogues très limités. Les Antillais ont en outre une plus grande méfiance, et parfois du mépris, pour les Métros ‑ qui sont à leurs yeux des envahisseurs ‑, que pour les Békés, reconnus comme les descendants des esclavagistes, car ils connaissent la terre aussi bien qu'eux‑mêmes et ont donc plus de légitimité. Par une sorte de perversion, les Antillais affichent d'ailleurs plus de tolérance à l'égard de l'attitude toujours hautaine des Békés ("au moins c'est clair") qu'envers celle, plus conciliante, des Métros. Ces derniers se heurtent souvent à un mur en tentant d'établir la communication. Aussi les vacanciers, dont l'espèce la plus proche est celle des Métros, ont‑ils du mal à entretenir avec la population locale d'autres rapports que professionnels ou économiques. C'est bien dommage, mais on ne peut pas réécrire l'histoire...

Famille

"Dans la famille antillaise, il y a autant d'enfants qu'il y a d'histoires d'amour" Conséquence des diverses influences et croyances, la femme guadeloupéenne vit très bien avec ses enfants issus de différentes paternités, et la pratique n'a rien d'exceptionnel, chaque père reconnaissant son enfant. En retour, il est courant d'être père d'enfants de mères différentes. On organise la famille au mieux, sans heurts et dans le respect mutuel. La grande religiosité du pays ne permettant évidemment pas le développement de la pratique de la contraception, et encore moins de l'avortement, le cercle familial s'élargit au hasard de la vie, Les locaux qui présentent leur frère ou leur soeur ont d'ailleurs l'habitude de préciser, sans gêne ni interrogation, s'ils sont issus ou non des mêmes parents.

Habitations sucrières

Ces habitations étaient celles des colons, en fait des demeures très vastes aux multiples affectations. Par extension, l'habitation désigne le domaine tout entier du propriétaire des cannes à sucre ou des champs de tabac. Elle se compose donc du logis et de ses dépendances, des logements des domestiques, de la cuisine, des bâtiments de l'administration du domaine, des magasins, des ateliers ou hangars de fabrication, ainsi que des tristement célèbres cases nègres, où s'entassaient les esclaves. L’habitation créole est aussi un modèle d'agencement, de lumière et d'aération comme de conservation de la fraîcheur. Les bois utilisés sont l'acajou ou le koubaril.

Habitat

Portant la marque de diverses influences, l'architecture guadeloupéenne est liée à l'histoire de ses sociétés. L'Ile garde de belles maisons de maître, témoins de la période d'esclavage, qui font aujourd'hui office de musées. D'une façon générale, qu'il s'agisse de l'architecture populaire ou de celle de prestige, la tradition des charpentiers de marine a durablement influencé les constructions locales, jusqu'à rendre difficile l'adaptation des matériaux modernes, lorsqu'il a fallu utiliser des matières plus robustes et plus pratiques que le bois. Il fallut donc aux colons, par esprit de distinction de caste, maîtriser les techniques de construction en dur.

La case traditionnelle a une forme carrée, d'environ 5 à 6 mètres de côté (3 mètres pour les plus petites), et est munie de plusieurs portes fermées par des volets de bois. Elle porte traditionnellement un toit de tôle ondulée pentu, pour l'écoulement des eaux des fréquentes averses. La case est généralement occupée par son propriétaire, mais il arrive assez fréquemment que celui‑ci ne soit que locataire du terrain qui entoure son habitation. La plupart des cases créoles en dur sont bâties sur un modèle très simple et très courant qui évoque parfois les cités ouvrières. On observera donc avec intérêt de riches demeures contemporaines juxtaposées aux façades créoles, de couleurs vives, ou à ces survivances qui font partie du patrimoine: habitations de planteurs, ou forts qui protégeaient les colons des Anglais, des Hollandais ou des Espagnols. Ainsi, on pourra observer le fort Delgrès, dans la rade de Basse‑Terre, le fort de l'Olive, sur le territoire de Vieux‑Bourg, le fort de l'Union, le fort Fleur d'Epée, à Pointe‑à-Pitre. La plupart ont été transformés en musées. Sur la côte, époque oblige, les hôtels, modernes et fonctionnels, intègrent difficilement leur architecture industrielle à la beauté des sites.

Danse

Bel‑air, biguine, calenda, mazurka, valse... Pour en arriver au zouk et plus particulièrement au collé‑serré. Les Antillais sont des danseurs exceptionnels, et il sera plus facile aux femmes d'être initiées... Tous les week‑ends et pendant les vacances scolaires, discothèques,

Deuil

Le culte prend une place considérable, d'autant que les croyances traditionnelles sont nombreuses. On notera, en comparaison avec la métropole, l'importance du culte des morts. Il existe même des boutiques spécialisées dans les vêtements de deuil.

LE CREOLE

 La définition varie selon les époques, pour désigner, depuis le XIXe siècle, toute personne née aux Antilles et la langue naturelle parlée par les populations domiennes.

Le créole, une langue qui évolue

Contraints de communiquer sur les plantations, Amérindiens, Européens et Africains firent langue commune. On y retrouve des termes de chacune des communautés. Les premiers textes qui apparaissent au XVIle siècle décrivent le créole, non sans racisme ni chauvinisme, comme du français déformé, simplifié à l'extrême, aux intonations anormales, du baragouin, du jargon ou du parler de Nègres. De là ce complexe partagé encore aujourd'hui par une partie de la population antillaise, qui estime que l'on ne doit parier créole qu'entre soi. La période révolutionnaire amorce un changement. Chansons populaires, textes humoristiques et surtout déclarations politiques des envoyés de la Convention sont écrites en créole. C'est le début d'une période faste. On écrit des grammaires; Lafcadio Hearn publie des contes; on peut lire des feuilletons en créole dans la presse, comme Les Mémoires d'un vonvon de Tonton Dumoco.

Cela s'achève avec le XXe siècle, où la tendance est à l'assimilation. Les écrivains, sauf de brillantes exceptions, ne reconnaissent guère la littérature créole et restent très proches de la langue française. Depuis plus de trente ans pourtant, militants syndicalistes, politiques et culturels cherchent à réhabiliter leur langue, devenue un enjeu politique, un moyen de défendre l'identité antillaise contre les conservateurs assimilateurs. Les bandes dessinées créoles déferlent sur le marché, la pub se transforme, la musique zouk explose. Fait sans précédent, l'université Antilles‑Guyane Institue, en 1973, un cours de linguistique créole. Trois ans après, la première thèse sur le sujet, Langue créole, force jugée, est soutenue. Depuis 1981, il existe à Aix‑en-Provence un institut d'études créoles et francophones. Des écrivains comme Patrick Chamoiseau (prix Goncourt) et Raphaël Confiant (prix Novembre) remportent des prix littéraires prestigieux. Pour fédérer ces tendances, chercheurs et pédagogues tentent de cerner un lexique commun au créole des Antilles, et lancent en 1981 un nouveau mouvement: Bannzil Kréyôl (Archipel créole). De cette tentative subsiste surtout une fête internationale du créole, le 28 octobre, diversement célébrée.

Le carnaval

C'est sans conteste la plus grande fête de l'année. Il commence le dimanche qui suit l'Epiphanie et se termine le mercredi des Cendres. Les jours et les nuits se succèdent dans la frénésie et la joie. Jamais on ne voit autant de costumes dans les boutiques spécialisées: du romantique au moderne, du sexy au naïf, les parures resplendiront le temps d'une sortie. Chacun donne libre cours à son imagination à travers de chatoyants déguisements, jouant son rôle un peu mieux chaque jour, assurant sa propre mise en scène, Le carnaval est une période de grand défoulement, certes, mais aussi un prétexte à oublier qu'on est Blanc ou Noir, Béké ou mulâtre, Sous le masque, on libéré son envie d'être ensemble, on assouvit ses fantasmes sans trop s'impliquer. Cette rencontre de masques s'opère dans le cadre d'une Intrigue de sueurs froides et de fièvres brûlantes. Le roi de la fête s'appelle Vaval, personnage qui incarne le mai et que l'on brûle en fin de manifestation. A partir de la mi‑janvier et durant tout le carnaval, est diffusé une sorte d'hymne qui bat tous les records d'audîence à la radio et à la télévision: il s'agit généralement d'une chanson célèbre dont les paroles sont détournées, avec des connotations sexuelles. Récemment par exemple, c'est une chanson de Starmania, Ziggy, qui a fait les frais de cette tradition, le refrain proclamant "Ziggie, c'est un rnacoumé" (un homosexuel). Cette année, la chanson Dur dur d'être un bébé s'est transformée en "dur dur d'être un Béké" Un an d'attente, un trimestre de préparatifs, un mois d'élections de Miss Carnaval clans la plupart des communes, une semaine de fête et de liesse populaire:, pendant le carnaval, personne ne travaille; les 3 jours les plus importants ont chacun une couleur dominante que l'on retrouve dans les déguisements de la population (ta journée rouge et noire pour te diable, la journée blanche ... ).

FETES ET MANIFESTATIONS

Les Antillais sont particulièrement attachés à toutes les formes de vie collective. La famille a une importance prépondérante dans la vie quotidienne et les fêtes sont l'occasion de retrouvailles toujours animées. C'est à Noël et au jour de l'an que se déroulent les plus grands rassemblements entre parents et amis autour de repas mémorables, où le porc est à l'honneur. Durant le reste de l'année, la musique sert souvent de point de départ à des fêtes improvisées, comme seuls les Antillais savent les réussir. Difficile de résister à cet appel vibrant dans la douceur tropicale ! Tout au long de l'année, diverses manifestations culturelles animent 1 île pour le plaisir et l'intérêt des locaux, mais aussi des vacanciers qui profitent de l'aubaine.

Les fêtes  mairies et les offices

Les fêtes sont nombreuses et il convient de se renseigner dans les Le centre des Arts du tourisme pour connaître les dates exactes des manifestations. des fêtes classiques

Saura également vous informer (tel: 0590 82 79 78). En dehors

des fêtes classiques Françaises,  on célèbre, le 24 août à Saint Barth, la Saint‑Barthélemy, évidemment. Le

an aises, on célèbre, le 24 août à Saint

27 mai, on fête l'abolition de l'esclavage, et le 21 juillet l'abolitionniste Victor Schoelcher Le 15 août l’Assomption ‑ fête de la Vierge ‑ est particulièrement célébrée. A Pointe‑à‑Pitre, le 10 août, la Saint‑Laurent est la fête des cuisinières: celles‑ci, en costume local, défilent alors en procession dans les rues de la ville en présentant les joyaux comestibles de la nature et les plats typiques qu'elles savent si bien préparer. La musique et la danse contribuent de leur mieux à cette célébration de la gastronomie régionale.  

Janvier  

Epiphanie: premier dimanche du carnaval. Nombreux défilés costumés et masqué. accompagnés de groupes musicaux toutes les fins de semaine, de l' Epiphanie au mercredi des Cendres. ‑Gosier: régates CSBF (Tel : 0590 90 33 94).  

Février  

Troisième semaine: semaine du carnaval. Du samedi au mercredi des Cendres, le Carnaval atteint son paroxysme. Aux défilés des groupes à pied succède la procession de la mort de Vaval, en noir et blanc, qui clôture les manifestations carnavalesques de l'année Le mardi‑gras, à Pointe‑à‑Pitre et à Basse‑Terre, correspond aux grands rassemblements des groupes de carnaval venus de toute l'île, qui défilent en rouge et noir dans les rues.  

 Mars  

• Basse-Terre: marché de l'artisanat, place du marché.

• Gosier : Régates CSBF (Tel :  0590 90 33 94). Rallye aérien ULM AIR tel: 0590 90 44 84.  

 Avril   

Festival de la gastronomie créole. Célébration des fêtes de Pâques: pèlerinage aux calvaires. Très belle procession à Saint‑François. Le pique‑nique sur les plages fait partie de la tradition pascale, avec acras, matété ou kalalou.  

 Mai  

1er mai : fête du Travail.

Les marchés du mois de mai regorgent des plus beaux fruits de l'île. Fêtes patronales de Petit Canai et Vieux-Habitants. Raid safari interentreprises et festival de musique traditionnelle. Basse-Terre: marché de l'artisanat, toujours sur la place du marché. Grande manifestation d'artisanat et exposition de peinture à la poste de Basse Terre. Lamentin: fête Populaire à l’Ascension.  

 juin

Pentecôte : Fête du Moule et de Baie‑Mahault,

 Préparation des bals, feux de la Saint‑Jean le 24.

 Le 27, célébration de l'abolition de l'esclavage.  

Juillet

• Fêtes communales à Deshaies et à Port‑Louis.

• A Sainte‑Anne: festival du Gwo‑Kâ sur la plage du bourg (renseignements CASC

Tel:  0590 82 91 06).

• Le 14 fête nationale.

• Le 21 on fête Victor Schoelcher

• Forum de l'artisanat et des traditions populaires.

• Fin juillet : fête à Sainte‑Anne et à Goyave.  

 Août

• Raid, parfum d'aventure".

• Fêtes patronales aux Saintes, à Marie-Galante, à Saint-François, à Bouillante, à Baillif, au Gosier, à saint-Claude, à Capesterre, à Petit-Bourg, à Pointe-Noire, à Trois-Rivières, à la Désirade, à Vieux Fort, et à Saint-Barthélemy.

• Tour cycliste de la Guadeloupe.

• Marché de l'artisanat à Basse-Terre, place du marché. Procession des cuisinières à travers Pointe-à-Pitre.  

Septembre  

Championnat des boeufs tirants.  

Octobre  

 Fête patronale d'Anse-Bertrand.  

 Novembre  

Début de saison des combats de coqs dans les pitts.

1ier: toutes les tombes des cimetières sont illuminées. Il faut absolument voir celles de Morne‑à‑ l'Eau.

* 2 : fête des Défunts. * Fête de Gourbeyre. * Fête de Saint-Martin.

• Départ de la Route du Rhum à Saint-Malo (tous les 4 ans, arrivée à Pointe-à-Pitre).

• Fête de Sainte-Cécile, patronne des musiciens: concerts sur les places publiques et dans les églises.

Décembre  

Noël se fête le 24 décembre et, dans les communes, c'est l'occasion d'une grande manifestation populaire OÙ la population descend dans la rue: tout le monde est invité, les locaux comme les touristes, et il suffit, pour participer à cette soirée conviviale, de venir avec une pâtisserie ou une bouteille, et d'entrer dans la danse. La période de Noël est très importante dans la culture antillaise: on y chante en famille des "chanté-Noël", des cantiques dans une langue moitié créole, moitié française.
Ex: Groupe KNR album Sa Ka Chofé Lanmou dodo

 A Noël, vous goûterez immodérément du boudin créole. On pourrait penser que Noël, sous les Caraïbes, est forcément moins folklorique que sous nos latitudes, parce que c'est difficile d'avoir le Bonhomme de neige, le traîneau à clochettes et les rennes, et que l'image même du Père Noël s'accorde mai avec les 30 ‑C à l'ombre. Pourtant, les efforts de décoration sont les mêmes qu'en métropole, et les plus petites communes sortent les guirlandes. Ajoutez‑y la chaleur naturelle des Antillais et vous aurez une fête familiale aussi conviviale que sous le 45e parallèle

La mort en fête

Une semaine avant la Toussaint, les cimetières en damier et les tombes font peau neuve pour ensuite se parer du plus grand nombre de chandelles possibles. Il faut faire la fête avec les aïeux, sans oublier le pique‑nique et le rhum. Le soir, toutes ras petites bougies attirent bien sûr les photographes (demandez l'autorisation avant de mitrailler, et évitez le flash). La mort se fête encore avec les conteurs, véritables "marqueurs de parole', exerciseurs de la dualité païenne et chrétienne. A l'intérieur de la maison, le défunt, entouré de sa , famille, des voisins; à l'extérieur, les amis, accompagnant l'âme du mort, Le conteur dit à tous des fables, seulement interrompues par des chants accompagnés de gro ka ou tambour, Compère lapin y côtoie boeufs, cochons et éléphants. Toute la vie se reconstruit à travers des histoires gaies, des gestes excessifs et des rires gras.  

FOLKLORE

Les gens de 45 à 70 ans restent très attachés à la tradition folklorique. En revanche, les jeunes ne veulent plus entendre les vieux airs de bel‑air (musique agricole ayant fermenté dans les plantations de canne à sucre et marquée du sceau africain), du laghia (danse de combat), ou de la calenda (danse lascive). La biguine (probablement une danse congolaise venue aux Antilles par la voie espagnole), la valse et la mazurka piquée maintiennent une tradition vivace dans les bals de campagne. Touffé yin‑yin hier, zouk aujourd'hui sont là pour prouver que l'on se laisse vite emporter par le caractère très typé, très pimenté, de la musique actuelle. Le ragga et le zouk love grondent contre le nostalgique parfum musical du passé. Grand divertissement des Antillais, le zouk peut parfois paraître l'apanage d'un monde fermé, inconnu, vivant selon des règles nonécrites, où le "collé‑serré" se pratique à l'instinct.

MUSIQUE

La musique, c'est le seul médicament que nous ayons." Kassav, groupe antillais.

Elle occupe en effet la première place dans le coeur des Antillais et les médias lui font aussi une large part. Longtemps limité au milieu antillais, le zouk s'exporte et intègre les principales émissions de variétés métropolitaines, Franky Vincent, Kassav, Joëlle Ursull, Zouk Machine, La Compagnie Créole, Malavoi, Ralf Thamar, Kali, Tania Saint‑Val et Philippe Lavil mènent la danse. Côté ragga, reggae‑rap, MC Solaar et Tonton David entraînent la nouvelle génération. A noter aussi un retour aux sources avec le gwoka (un tambour couché), qui restitue l'ambiance de fête associée à la danse.